Association Afrique Humanitaire

Transparency Maroc dénonce la mauvaise gestion dans les écoles


20 à 37% des parents ont porté plainte

L’institutionnalisation de la culture de gouvernance dans les écoles primaires a
été au centre du débat lors d’une journée d’étude tenue à Rabat. 29 cas de
corruption ont été déclarés.


Seulement 6,1% des parents sont satisfaits de la scolarité de leurs enfants.
50,2% la jugent moyenne et 13% la trouvent très médiocre. C'est ce qui ressort
d'une étude réalisée par Transparency Maroc qui a été présentée, jeudi 14 mai
à Rabat, à l'occasion d'une rencontre sur «La gestion et la gouvernance dans
le cycle primaire au Maroc». Parmi les problèmes soulevés par les personnes
interrogées figurent les structures de gestion financière, les frais de scolarisation,
le manque de fournitures scolaires et l’absence des enseignants. S’agissant de
ces charges, 34,5% de ménages (41% en milieu rural) estiment que le coût des
frais de l’école est le principal problème à affronter. A ceci s'ajoutent le problème
d’absence de latrines (27,4% et 34,5% en milieu rural), le délabrement des
classes (27,2%) notamment en milieu rural (35%). Le manque de fournitures
et de manuels scolaires (21% et 28% en milieu rural) est un autre problème
soulevé par les ménages, suivi par celui de l’absentéisme des enseignants (20,5%).
Concernant le financement des établissements, il y a une ambiguïté au niveau des
mécanismes de financement. Quant à l’accès à l’information, 99% des parents
déclarent qu’ils ne disposent pas d’informations particulières sur le budget des écoles.
93,3% de directeurs et 92,5% des présidents d’associations de parents n’ont
aucune information à cet égard. En outre, 78% des écoles ne dévoilent rien sur
leur budget.Cette enquête a été réalisée dans 60 écoles primaires relevant de
deux académies : 19 écoles dans l’académie de Casablanca et 41 dans celle
de Meknès- Tafilalet. Au cours de cette enquête, des questionnaires ont été
distribués à 1040 pères de famille, 53 présidents d’associations de parents
et 15 responsables dans les délégations provinciales. A l'occasion de cette
rencontre, Amina Debbagh, professeur à la Faculté des sciences de l'éducation,
a indiqué que : «Les structures et les mécanismes de gestion ne sont pas mis
en œuvre». C’est pourquoi, les conseils de gestion doivent intervenir. A noter
que 29 cas de corruption et 13 cas de détournements de fonds ont été déclarés.
Pour sa part, Rachid Filali Meknassi, secrétaire général de Transparency Maroc,
a précisé que : «Cette journée se tient dans le cadre de la mise en œuvre du
programme d’urgence 2009-2012». A l’issue de sa présentation, Mme Debbagh
a proposé plusieurs recommandations mettant l’accent sur la décentralisation du
système financier et la consolidation des structures de contrôle. Elle a également
appelé à l’organisation d’une campagne de sensibilisation sur la gestion et l’accès
à l’information financière pour une meilleure gestion.n



20 à 37% des parents ont porté plainte


Face aux problèmes rencontrés dans les écoles, peu de parents déclarent porter plainte.
Leur nombre oscille entre 20 et 37%. Ce taux augmente quand il s’agit de la santé,
la morale ou l’intégrité physique des enfants tels que la violence ou le harcèlement sexuel.
Pour les parents ayant déjà porté plainte, 11 à 33% jugent l’impact de leur plainte faible.
Quant aux directeurs, ils se plaignent, en premier lieu, de l’état des locaux (87,5%),
l’insuffisance d’équipements (87,5%), du manque d’enseignants (71,4%) et de leur
absentéisme (66,7%). Viennent ensuite les cas de violence (57,1%), la surcharge des
classes (53,8%) et le retard du versement à l’école des frais de scolarisation (50%).






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